Lettres du président Christiane Roederer

 

20 juin 2019

 

Mesdames les Présidentes, Messieurs les Présidents,
Chères Consoeurs, chers Confrères,

C’est une invitation à la célébration de l’été chargé de mille parfums de la nature en splendeur que je vous adresse… Ces parfums doux comme des hautbois, verts comme des prairies… symboles de purification venus du fond des Ages, de lumière selon Balzac, de puissants provocateurs de la mémoire personnelle et collective. Ils sont autant d’appels à l’émerveillement de ce don de la nature et à sa préservation.

L’été est sans doute un temps propice de retour sur soi, un coup d’œil sur la fuite du temps dans l’éternité du cosmos et peut-être aussi celui de la paresse. Un mot honni pourtant célébré par philosophes et écrivains sans doute pour en chasser la culpabilité : « La paresse est nécessaire/ Il faut la mêler à la vie pour prendre conscience de la vie » nous assure le moraliste Jacques Chardonne.

La vie que nous partageons est bien celle de la Conférence nationale en son prochain colloque à Paris, les 11 et 12 octobre 2019, soutenu par M. le Chancelier Xavier Darcos et M. Gabriel de Broglie, président de la Fondation Del Duca. Qu’ils en soient vivement remerciés.

M. Jean Hurstel, secrétaire général de la CNA, a finalisé les convocations et le programme qui vous ont été adressés il y a quelques jours.
A noter la date limite d’inscription : le 30 juin 2019.

Le thème de l’Innovation a brillamment inspiré 6 consoeurs et 18 confrères.
Nul doute que leur communication fera les délices de l’auditoire et des lecteurs des Annales tant elle nous entraîne dans une passionnante transdisciplinarité.

Notre gratitude rejoint Michel Woronoff et Françoise L’Homer qui ont consacré temps et énergie à la mise en page des textes pour leur future édition.

Reconnaissons cependant que tout n’est pas d’une exemplaire simplicité dans notre espace académique. Un rapport de l’Académie française au sujet récurrent de la féminisation des noms de métiers, souligne l’absence d’obstacle de principe à la féminisation des noms. « Celle-ci relève d’une évolution naturelle de la langue» explique le texte tout en précisant ne pas vouloir dresser une liste exhaustive des noms.
Il arrive que la liberté soit un cadeau empoisonné.
Peut-on craindre des embarras langagiers, redouter la peur de froisser, commettre un impair ou assumer de ne pas être dans « l’air du temps ? Faudra-t-il s’enquérir du souhait de l’autrice, de la bâtonnière, de la notairesse, de la maîtresse de conférence avant d’adresser courrier ou salutation ?

La question n’est pas anodine. Puis-je espérer avoir l’un ou l’autre avis, chère consoeur, cher confrère qui me permettra de revenir sur le sujet lors de l’une de nos rencontres si tel est votre souhait ?

Pour mémoire un extrait du discours de Jean d’Ormesson lors de la réception de Marguerite Yourcenar à l’Académie française : « Je ne vous cacherai pas, Madame, que ce n’est pas parce que vous êtes une femme que vous êtes ici aujourd’hui : c’est parce que vous êtes un grand écrivain. Etre une femme ne suffit toujours pas pour s’asseoir sous la Coupole. Mais être une femme ne suffit plus pour être empêchée de s’y asseoir ».

Ce 6 juin 2019, date de la libération de la France, est une occasion de rendre hommage à celles et à ceux qui n’ont pas hésité à s’opposer à la barbarie. Qu’ils soient civils, militaires, résistants, certains furent aussi membres de nos académies. Nous savons que leur mémoire est conservée vivante dans leurs œuvres, les travaux de leurs successeurs au cœur de l’Institut dont la coupole semble veiller, à jamais, sur ses filles et ses fils bien-aimés.

Christiane Roederer
Président de la Conférence nationale des Académies

 

 

Strasbourg décembre 2018

 


Mesdames les Présidentes, Messieurs les Présidents,
Chères Consœurs, chers Confrères,

Joyeuse, patiente, La Lettre attendait l’heure propice pour aller à votre rencontre.
Mardi 11 décembre 2018, modeste relique d’un passé heureux, elle a rejoint un douloureux néant, victime parmi les victimes.
Que nous révèle cet attentat ? La fragilité de l’être, la fragilité de la démocratie, de nos sociétés mais aussi une extraordinaire solidarité entre les citoyens, entre les membres de nos académies.
Merci pour leurs bienfaisants messages.
La France est atteinte dans ses valeurs d’accueil, de partage, d’ouverture.
Les Académies en région, si amoureuses de leur Histoire, de leur patrimoine linguistique, architectural, culturel sont touchées dans ce qu’elles ont de plus cher.
Lors du colloque en Alsace vous avez découvert ou redécouvert la Bibliothèque de Beatus Rhenanus, l’un des lieux où l’humanisme est en son royaume. Elle est aujourd’hui un lieu où nous pouvons puiser force et courage face à la barbarie.
Il ne sera pas dit qu’un attentat puisse tuer l’héritage des humanistes.

Sous l’égide de l’Institut, au cœur de la Conférence nationale, les 32 Académies en région ont le souci de répondre aux souhaits de ses fondateurs : la mise en valeur de leur patrimoine culturel et intellectuel ; le partage du Savoir ; la création des liens entre elles ; la contribution avec l’Institut de France aux réflexions sur leur rôle et leur évolution.
Elles sont filles des Lumières. C’est leur force et leur légitimité.
Depuis 30 ans la Conférence nationale assume ses engagements dans une remarquable continuité sans ignorer les évolutions sociologiques et technologiques. C’est son intégration dans la société qui est – qui sera - gage de sa pérennité.
Les comités successifs l’ont souligné à maintes reprises. Reconnaissons que les liaisons sont grandement facilitées par les connexions via Internet et les sites. Néanmoins consciente de leur volatilité, soucieuse de laisser des traces indélébiles, la CNA ne renonce pas à l’Ecrit notamment celui qui concerne les colloques et, après mûre réflexion, à la publication d’Akademos sur des thèmes précis.
L’indispensable et bienveillant soutien de l’Institut sera accueilli avec gratitude.

Établir des liens personnels entre les Académies. Dans ce sens, j’ai pris l’engagement avec le secrétaire général de la CNA, Jean Hurstel, de faire visite à l’une ou l’autre Académie en région, notamment lors d’une séance solennelle. Le Président Jean-Michel Dulin, chargé du colloque 2020 à Mâcon, nous fait l’honneur de nous accompagner dans la mesure de ses possibilités.
Dès à présent, nous vous sommes reconnaissants pour vos éventuelles invitations auxquelles nous essaierons de répondre avec plaisir.

Le colloque à Paris, début octobre 2019 : Michel Woronoff a reçu une dizaine de propositions pour l’Innovation, un thème passionnant. Il vous rappelle la date limite d’envoi des textes : 30 avril 2019.
Dès le début de l’année d’autres informations vous parviendront, notamment la date de l’A.G., l’appel à cotisation.
Commencée dans la tristesse, cette lettre se termine par une nouvelle qui ne peut que réjouir les participants au colloque en Alsace : Gabriel Braeuner, notre guide à Sélestat, trésorier de la CNA, vient d’être nommé citoyen d’honneur de la cité de Beatus Rhenanus.
Un honneur que nous partageons.
La vie… entre le sublime et l’abject. Entre le bien et le mal. Éternel balancement…
En guise de conclusion, François Fénelon, élu en 1693 membre de l’Académie française, nous pose une question toujours d’actualité :
« Les hommes ne sont-ils pas assez mortels, sans se donner les uns aux autres une mort précipitée ? La vie est si courte ! et il semble qu’elle leur paraisse trop longue ! Sont-ils sur la terre pour se déchirer les uns les autres, et pour se rendre mutuellement malheureux ? »

Pour l’an neuf qui s’annonce, permettez-moi de souhaiter que vous trouviez sérénité et bonheur jusque dans le plus infime pétale de fleur.

Christiane Roederer
Président de la Conférence nationale

 

 

Le Mot du président Françoise L'Homer-Lebleu

 

Orléans le 19 juin 2016

 

À la veille des vacances d’été je viens vous dresser un rapide bilan des activités menées par notre CNA depuis notre dernière assemblée générale.

Tandis qu’à Toulon, sous la direction de votre vice-président Jean-Paul Meyrueis, nos confrères du Var nous préparaient le colloque qui nous réunira là-bas du 5 au 8 octobre prochain autour du thème Toulon, Le Var et la mer, tandis qu’à Besançon Michel Woronoff organisait le colloque suivant qui se tiendra à Paris en octobre 2017 et aura pour thème L’Héritage, sujet que nous avions proposé à Monsieur le Chancelier et que celui-ci a bien voulu agréer, et qu’à Versailles enfin Catherine Lecomte, rédacteur en chef d’Akadémos, recueillait patiemment les articles qu’au cours de l’été sans doute vous retrouverez dans le prochain numéro de notre revue, le bureau orléanais réglait les affaires courantes, répondait au courrier et surtout se penchait sur la question des archives, conformément à l’engagement que nous avions pris au moment de notre entrée en fonction.

Certes, nous ne prétendons pas résoudre le problème en une mandature, et il n’est pas non plus dans notre propos de décider du lieu où pourraient être accueillies ces archives : cela sera à décider d’un commun accord en assemblée générale, avec d’autant plus de facilité qu’une numérisation permettra de dissocier les aspects de conservation et de consultation, mais dans un premier temps, il était important d’en retrouver la trace et d’en faire l’inventaire. Les choses avancent peu à peu, et je remercie les académies ainsi que tous ceux qui ont répondu à mon appel, soit en m’envoyant des documents, soit en me donnant les pistes me permettant de les retrouver. Les nombreux échanges de courrier pour mener à bien cette recherche ont de plus, je crois, affermi davantage encore les liens d’amitié qui semblent désormais bien établis entre nos différentes compagnies.

S’il importe de conserver les traces du passé et de garder en mémoire tout le chemin déjà parcouru, il n’est pas moins important de savoir où nous allons, et c’est pourquoi le bureau de la CNA réuni à l’Institut de France le 18 février dernier a pensé qu’il pourrait être bon de réfléchir, au sein de la CNA, au rôle que pourraient, ou que devraient jouer les académies de province en ce début du XXI e siècle, dans le respect de leur histoire, mais en étant présent à notre époque. Cette réflexion, nous l’avons amorcée lors de la réunion informelle où se sont retrouvés en nombre les représentants des académies membres de la CNA à la Fondation del Duca le 7 juin dernier. Le chantier est ouvert et nous permettra peut-être de mieux cerner encore ce qu’est cet esprit académique qui nous relie, ce qu’il recouvre et ce à quoi il oblige.

À l’issue de notre réunion le 7 juin dernier, notre président d’honneur le professeur Bernard Bourgeois nous exhortait à nous occuper en priorité de l’école aujourd’hui plus que jamais en péril, et le lendemain, lors de la Séance solennelle de remise des Grands prix des Fondations de l’Institut de France à laquelle j’avais été conviée pour vous représenter, monsieur le Chancelier Gabriel de Broglie dans son allocution d’ouverture mettait en valeur le rôle de mécène que joue l’Institut à travers les Fondations qu’il abrite, que ce soit dans le domaine scientifique, médical, culturel ou humanitaire, en distribuant, selon un rituel chargé de symboles qui marquent l’esprit et les cœurs, des prix de grande valeur. Les remerciements adressés par les récipiendaires que je vous invite à écouter en ligne sur le site de l’Institut disent assez l’importance pour eux de ce soutien et de cette reconnaissance.

Mais pour l’instant, nous nous donnons rendez-vous à Toulon en octobre prochain. Le bureau de votre CNA vous souhaite un bel été à tous. Et que les vents, surtout, d’ici là vous soient favorables !

 

 

    Orléans le 31 décembre 2015

 

En ce jour où s’achève l’année 2015, je viens, au nom des membres du bureau de notre CNA, vous présenter à tous et toutes mes vœux les meilleurs pour l’année nouvelle.

Pour notre Conférence Nationale, cette année 2015 aura été une année riche : un colloque parisien sur le Corps de l’Homme qui nous a valu des communications de grande qualité et a attiré un public nombreux, un Annuaire mis à jour et désormais disponible en ligne pour les académies qui en font la demande, un nouveau numéro intermédiaire d’Akademos, et enfin notre site Internet rénové grâce au savoir-faire de notre vice-président le professeur Jean-Paul Meyrueis, et maintenant prêt à accueillir les contributions de nos différentes académies. Nous n’oublions pas les différentes rencontres inter-académiques dont nous avons eu écho ou auxquelles nous avons pu participer, et qui donnent raison aux concepteurs de notre compagnie soucieux de voir se développer les liens entre les académies de province.

Pour la seconde année de notre mandat orléanais à la tête de la Conférence, notre grande entreprise, avant que nous ne passions le flambeau à l’académie du Var, sera de tenter de retrouver et de rassembler nos archives pour l’instant dispersées au siège des académies qui, depuis la fondation de la CNA en 1994, en ont assuré la présidence. Les premières démarches ont été entreprises. Elles seront poursuivies dès le début de janvier, et nous espérons que les académies que nous solliciterons répondront favorablement à nos demandes.

L’année 2015, nous le savons, fut aussi une année terrible, marquée par les attentats qui ont endeuillé notre pays devenu la cible d’une barbarie sans nom et dont nous n’imaginions pas qu’elle fût possible. Que s’est-il passé pour qu’une jeunesse, pourtant élevée au pays des Lumières, commette ainsi l’innommable ? Nous avons été sensibles aux messages qui nous ont été envoyés pour nous demander ce que nous pouvions faire en tant que CNA. À titre personnel, nous tenons à dire notre compassion envers les victimes, notre respect envers ceux qui, au péril de leur vie, leur ont porté secours, et notre volonté de ne pas céder à la peur qu’on voudrait nous imposer. En tant que membre de la grande famille académique, je reprendrai, afin de les faire connaître à tous, les quelques mots par lesquels Monsieur le Chancelier, notre protecteur, terminait la courte allocution qu’il a prononcée le 17 novembre dernier, devant le Palais de l’Institut, pour introduire la minute de silence faite en hommage aux victimes. Face à la barbarie, Monsieur le Chancelier invitait « les membres et collaborateurs de l’Institut » à « se tenir unis autour de [leurs] travaux, de [leurs] missions et de [leurs] valeurs, c’est-à-dire plus simplement, mais plus que jamais », à « rester [eux]-mêmes ». Restons nous-mêmes donc, mais peut-être serait-t-il maintenant temps de réfléchir ensemble au rôle que peuvent aujourd’hui jouer nos académies, dans notre société, pour qu’un jour l’emportent les forces de l’esprit.

Une bonne année 2016 à vous tous et toutes, et pour nos académies et notre CNA : des travaux et des rencontres toujours plus riches et plus intenses, ce sont les vœux que je forme pour cette année 2016 !


Françoise L’Homer-Lebleu
Président de la Conférence Nationale des Académies

 

 

Orléans le 3 janvier 2015

  

Vous avez bien voulu, lors de l’Assemblée Générale qui s’est tenue à Orléans le 9 octobre dernier, me confier pour deux ans les rênes de notre Conférence Nationale des Académies, et ce n’est pas sans une certaine émotion que j’ai accepté cette mission. Avec mes confrères orléanais, le Général Jean-Michel de Widerspach-Thor, maintenant trésorier de la CNA, et Christian Froissart, votre nouveau secrétaire général, sous le regard bienveillant de notre président d’honneur monsieur le professeur Bernard Bourgeois,  président de l’Académie des Sciences Morales et Politiques, délégué auprès de nous par l’Institut de France, notre protecteur, nous aurons à cœur de faire aussi bien que nos prédécesseurs, aidés en cette tâche par notre confrère monsieur François Braud, devenu président honoraire de la CNA, tandis que le  professeur Jean-Paul Meyrueis, ancien président de l’Académie du Var qui accueillera le colloque d’octobre 2016, et par ailleurs créateur de notre site Internet rénové, devient votre vice-président.  

La première mission qu'il nous faut remplir est l'organisation de notre prochain colloque parisien du 9 et 10 octobre 2015. Nous y travaillons et les projets de communications déjà reçus par le professeur Michel Woronoff, qui depuis bientôt dix ans assure le bon déroulement de la partie scientifique de ce colloque, prouvent que le thème retenu cette année, Le corps de l'Homme, par son actualité d'une part et par la variété des approches qu'il permet d'autre part, a suscité un grand intérêt.

   Il nous reviendra également durant notre mandat d’actualiser l’Annuaire de la CNA dont la dernière version, réalisée par l’académie de Metz sous la présidence de madame Jeanne-Marie Demarolle, date de 2012.  Et puis, bien que notre CNA, qui a fêté ses vingt ans en 2014, soit encore dans la fleur de l’âge, il nous semblerait important de songer à sauvegarder ses archives. Nous espérons sinon mener à bien cette entreprise, du moins pouvoir mettre en place la structure permettant de léguer aux générations futures le fruit de nos travaux.

Nous n'en oublierons pas pour autant notre mission première : intensifier les liens entre les différentes académies tout en respectant  leur identité propre, contribuer à la circulation du savoir et à la réflexion sur la façon dont aujourd'hui il se transmet, et veiller au rayonnement de notre patrimoine intellectuel et culturel afin qu'il soit davantage encore mis au service de nos compatriotes.

 Mais pour l’instant, nous sommes au seuil d’une nouvelle année et je voudrais surtout, en mon nom personnel et au nom de l’Académie d’Orléans, vous adresser mes vœux les meilleurs pour chacun d’entre vous, et pour la pleine réussite de vos travaux académiques.  


Françoise L’Homer-Lebleu

Président de la Conférence nationale des Académies

 

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HOMMAGE A ALAIN PLANTEY


Ancien président de l'Institut
Ancien président d'honneur de la Conférence nationale des Académies

 

Alain Plantey nous a quittés le 3 mars 2013. Elu en 1983 à l’Académie des sciences morales et politiques dans la section législation, droit public et jurisprudence, il avait exercé la présidence de cette Académie ainsi que celle de l’Institut de France en 1996. Très actif au sein de ces institutions, marquant de l’intérêt pour les Académies de province, il avait oeuvré, dès la fin des années quatre-vingts, avec le Bâtonnier Albert Brunois et le Médecin Général Edmond Reboul, pour la création d’une institution rapprochant toutes les anciennes académies. Il a donc été l’un de ceux qui ont contribué de manière décisive à la création en 1995 de la Conférence Nationale des Académies des Sciences, Lettres et Arts. Il en a été ensuite pendant de longues années le président d’honneur de la Conférence.

La vie et la carrière d’Alain Plantey ont été exceptionnellement riches : étudiant brillant, résistant pendant la Guerre, Conseiller d’Etat, juriste reconnu au plan national comme à l’étranger et ancien ambassadeur...

Alain Plantey, d’origine alsacienne, naquit le 19 juillet 1924 à Mulhouse, son père étant avant la Seconde Guerre mondiale conservateur du musée de Mulhouse. Avec sa famille, il doit se réfugier à Bordeaux en 1940. Il y mènera une partie de ses études : licence de lettres puis doctorat de droit. Il rentre très tôt dans la Résistance et fait partie du réseau Organisation Civile et Militaire (OCM). Recherché par la Gestapo, il est obligé de prendre le maquis en 1943 jusqu’à la Libération.

Après la guerre, sur les conseils de Michel Debré, qui vient de créer l’Ecole nationale de l’administration, il se présente au concours et intègre celle-ci avec la deuxième promotion. A l’issue il choisit le Conseil d’Etat. Auditeur en 1950, puis maître de requêtes en 1956, il sert à la section du contentieux. A cette époque, il est également membre de la délégation française à l’Assemblée générale des Nations unies.

Lors du retour du général de Gaulle au pouvoir, Alain Plantey rejoint d’abord le cabinet de monsieur Bernard Cornut-Gentille, ministre de la France d’outre-mer. Il est ensuite nommé à l’Elysée comme conseiller pour la Présidence de la Communauté puis comme adjoint au Secrétaire Général pour les affaires africaines et malgaches. Il reste à l’Elysée jusqu’en 1967. Au cours de ces années, il est impliqué tout d’abord dans la rédaction de la nouvelle Constitution et il participe ensuite étroitement à l’élaboration des différentes constitutions des Etats de la Communauté, nés de nos anciennes colonies. Il fonde aussi à cette époque l’Institut international de droit d’expression et d’inspiration française dont il sera par la suite président d’honneur. En 1967, il est nommé ambassadeur de France à Madagascar.

A son retour de Tananarive, en 1972, il devient chef du secrétariat international puis vice-président du Comité permanent des armements et responsable du siège parisien de l’Union de l’Europe Occidentale, fonction qu’il exerce jusqu’en 1982. Conseiller d’Etat depuis 1974, il exerce diverses responsabilités de haut niveau : Président de la Commission de recours de l’Agence internationale de coopération culturelle et technique, puis en 1988 Président de la Cour internationale d’arbitrage auprès de la Chambre de commerce internationale, fonction qu’il exercera jusqu’en 1997 ; il est aussi membre du Conseil international d’arbitrage du sport à Lausanne.

Parallèlement à cette carrière, Alain Plantey n’a jamais cessé de consacrer une large part de son activité à la publication d’ouvrages et à l’enseignement dans les plus prestigieux organismes. Il donne des cours et conférences à l’Ecole nationale de l’administration, à l’Ecole Polytechnique, à l’Institut d’études politiques de Paris, à l’Institut des hautes études de défense nationale, à l’Ecole supérieure de guerre, dans les facultés de Paris et de province et à l’Institut international d’administration. Il donne également de nombreuses conférences dans des institutions étrangères : Allemagne, Pologne, Hongrie, Bulgarie, Grèce, Turquie, Chine, Canada, Brésil, Algérie, Maroc, Syrie, Liban, Viêt-Nam, Cambodge...

Tout au long de sa carrière, Alain Plantey publiera un très grand nombre d’ouvrages de droit et d’administration publique en français, en anglais et en espagnol. Ses oeuvres abordent des sujets aussi divers que la fonction publique, la formation des fonctionnaires, la justice, la diplomatie et les négociations internationales. Membre du Comité directeur de la Revue de Défense nationale et du Comité de rédaction de la Revue administrative, il était également administrateur de la Fondation Charles de Gaulle.

Alain Plantey était titulaire des plus hautes distinctions : Grand Officier de la Légion d’honneur, Officier de l’Ordre national du Mérite, Commandeur dans l’Ordre des Palmes académiques, Commandeur dans l’Ordre des Arts et des Lettres et médaillé de la Résistance.

A l’issue de la cérémonie religieuse en l’Eglise Saint-Louis-des-Invalides, les honneurs militaires ont été rendus à Alain Plantey dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides.

Cet extrait d’un de ses discours résume la richesse de la vie d’Alain Plantey et la très haute idée qu’il se faisait de la France et du service de l’Etat : « Pour la France telle que je l’aime, rien n’est capital autant que la légitimité, les institutions et le gouvernement de l’Etat. Je reprends une citation de Charles de Gaulle, le chef que je me suis choisi dès les douloureuses années de la Résistance. Servir l’Etat pour servir la France, au Conseil d’Etat, au cabinet du Général comme chef de mission diplomatique, dans les organisations internationales et européennes. Servir la République en contribuant à la nouvelle Constitution, grâce à une fonction publique bien organisée et dévouée, à une diplomatie efficace, thèmes auxquels j’ai consacré mes enseignements et mes livres. Servir aussi la langue française, notre culture politique et juridique au cours d’une multitude de missions de négociations, d’expertises et d’arbitrage de par le monde. Ce faisant servir les causes de la liberté, de la dignité des peuples et de l’entente entre les nations ».


François Braud
Président de la Conférence
Amiral Alain Béreau
Secrétaire général

 

ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT

Lettre des Académies n° 32 - mai 2013

 

Même si la Conférence Nationale des Académies s’est montrée discrète au cours de ce premier semestre, son activité a été réelle. Aux rendez-vous habituels de son existence, Bureau de la Conférence tenu le 6 février 2013 à Paris et préparation du colloque des 4 et 5 octobre 2013 à Paris, s’est ajoutée la nouvelle du décès d’Alain Plantey, ancien président de l’Institut, ancien président d’honneur de la Conférence Nationale des Académies. Certains d’entre vous l’ont connu, ils avaient apprécié ses hautes qualités intellectuelles. Alain Plantey nous a quittés le 3 mars 2013. Il laisse un grand vide derrière lui. En raison de l’aggravation de son état de santé, il ne participait plus aux activités de la Conférence depuis cinq ans environ. Notre Lettre lui consacre un hommage bien mérité.

Le Bureau de la Conférence Nationale des Académies, dont tous les membres étaient présents, s’est réuni le 6 février 2013, à l’Institut de France à Paris, pour faire le point sur les diverses questions qui se posent à la Conférence : réalisation d’un nouveau site Internet, inscriptions au groupe CNA-RENATER, célébration du Bicentenaire Parmentier, publications du numéro 31 de la Lettre des Académies et de la revue Akademos.

Mais deux questions ont retenu plus particulièrement l’attention du Bureau : l’étude du dossier d’admission à la Conférence Nationale des Académies de la Société des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Macon, dite Académie de Macon, et la préparation du colloque « L’esprit en progrès ».

Pour la première question, la demande d’admission à la Conférence a paru conforme aux statuts de la Conférence Nationale des Académies au Bureau, lequel à l’assemblée générale proposera un vote favorable.

La préparation du colloque, à l’approche de son déroulement s’intensifie. Monsieur Michel Woronoff a reçu au 30 avril 2013 le texte de 14 communications auxquelles pourraient s’en joindre d’autres in extremis. Le comité de lecture devrait se réunir au cours de la première semaine de juin. En outre, en raison d’un grand chantier de travaux à l’Institut, le colloque se tiendra à la Fondation Simone et Cino del Duca qui mettra à notre disposition des salles de réunion.

Permettez-moi pour terminer de vous donner rendez-vous les 4 et 5 octobre 2013 pour notre prochain colloque et de souhaiter la totale réussite de celui-ci.


François Braud
Président de la Conférence

 

ÉDITORIAL DU PRÉSIDENT

Lettre des Académies n° 33 - novembre 2013


Depuis la publication du numéro 32, le dernier de la Lettre des Académie en mai 2013, le colloque L’esprit en progrès a eu lieu les vendredi 4 et samedi 5 octobre 2103, dans les salons de la Fondation Simone et Cino del Duca à Paris. Sans paraître trop présomptueux, je pense qu’il est permis d’affirmer qu’il a rencontré un franc succès.

Cette réussite, il la doit en premier à la qualité des communications présentées que vous retrouverez reproduites dans les actes du colloque remis aux participants et aux représentants des Académies. Le thème retenu était pourtant ardu. Il était à craindre une certaine dispersion dans l’exposé des diverses communications. Le risque a été écarté, en effet, grâce en partie au professeur Michel Woronoff, le remarquable maître d’œuvre de cette manifestation, qui les avait regroupées en trois rubriques : La marche vers le progrès, Les outils de progrès et Les acteurs de progrès. Dix Académies, sur le total de trente et une qui composent la Conférence Nationale des Académies, se sont exprimées : les Académies d’Aix, Angers, Bordeaux, Lyon, Metz, Montauban, Montpellier, Orléans, de Touraine et du Var. Comme de coutume, le professeur Michel Woronoff avait préparé un excellent rapport de synthèse des communications présentées et de celles qui n’avaient pas pu l’être, faute de temps.

Le prochain colloque de la Conférence Nationale des Académies sera organisé par l’Académie d’Orléans les 8, 9 et 10 octobre 2014 sur le thème Orléans : ville d’histoire, centre d’innovations.


L’autre moment fort de ce colloque a été la tenue le vendredi 4 octobre 2013, en fin d’après-midi, de l’assemblée générale de la Conférence Nationale des Académies, consacrée en grande partie à l’admission de l’Académie de Mâcon. L’admission d’un nouveau membre est un évènement suffisamment rare pour qu’il soit souligné. Cette admission a été votée à la quasi-unanimité des Académies présentes ou représentées, après un débat exemplaire, donnant lieu à plusieurs interventions la plupart favorables et même certaines élogieuses. La joie du président de l’Académie de Mâcon, présent sur mon invitation lors de la matinée du samedi 5 octobre 2013, faisait plaisir à voir et laissait présager une collaboration fructueuse.


Moyen de communication par excellence, à l’aube du XXIe siècle, le nouveau site Internet de la Conférence Nationale des Académies a été présenté par le professeur Jean-Paul Meyrueis, de l’Académie du Var, réalisateur de ce site. Il a souligné, avec l’amiral Alain Béreau, secrétaire général de la Conférence, l’importance de ce site Internet qui ne peut que conduire au rapprochement des différentes Académies et à un plus grand rayonnement de la Conférence Nationale des Académies. Si la Conférence n’envisage pas la suppression des autres moyens de communication, et en particulier de la Lettre des Académies, elle voit aussi en Internet un moyen d’alléger sa charge financière, en ce moment de crise économique.


Enfin monsieur Gérard Hocmard, vice-président de la Conférence et moi-même envisageons une ouverture plus importante des relations de la Conférence Nationale des Académies avec l’étranger. C’est la raison pour laquelle il a été demandé à chaque Académie l’état de ses relations culturelles avec les pays étrangers. Sur la base de l’inventaire ainsi dressé, il sera possible ensuite de procéder à une nouvelle étape dont le contenu sera défini par les diverses Académies lors de la prochaine assemblée générale à Orléans en 2014.


Puisque je n’aurai pas l’occasion de reprendre contact avec les Académies avant 2014, qu’il me soit permis de vous souhaiter à tous une heureuse fête de Noël.

 
François Braud   Président de la Conférence

 

 

LES VŒUX DU PRÉSIDENT

 

Permettez-moi, en premier lieu, de vous adresser au seuil de cette nouvelle année 2013, tous mes meilleurs vœux de santé et de réussite, et d’associer à tous ces souhaits la Conférence Nationale des  Académies. Il nous appartient en effet à nous les académiciens de faire fructifier tous les espoirs et toutes les promesses que porte en elle cette nouvelle année.

Au moment où vous recevrez cette Lettre des académies, le bureau de la Conférence aura déjà commencé à préparer son prochain colloque prévu les 4 et 5 octobre 2013 à l’Institut de France à Paris. Le thème choisi « L’esprit en progrès » est particulièrement séduisant. Il importe pour nous comme l’indique le maître d’œuvre de cette rencontre, monsieur Michel Woronoff, « de manifester la diversité et la richesse de la réflexion de nos compagnies » pour couvrir l’ampleur de ce sujet. Mais l’importance de ce thème ne doit pas décourager les bonnes volontés mais au contraire  stimuler le dynamisme de nos esprits sous le bienveillant contrôle de monsieur Michel Woronoff. Le bureau doit se préoccuper également de l’organisation matérielle de cette manifestation qui doit être aussi réussie que celles qui l’ont précédée.

La création d’un nouveau site Internet interacadémies et le rattachement des diverses académies  au réseau RENATER constitueront également une autre préoccupation majeure de la conférence nationale des Académies pour cette année 2013. Ces deux actions traduisent bien le souci de nos Académies de s’adapter à l’évolution des réalités de notre époque en perpétuelle mutation. L’informatique, avec tout ce qu’elle suppose, est sans doute l’invention qui aura le plus marqué le passage du XXème au XXIème siècle et les diverses académies de notre conférence nationale se doivent de ne pas manquer ce rendez-vous avec l’histoire de l’humanité.

François Braud
Président de la Conférence
janvier 2013