COLLOQUES

 

 

COLLOQUE ORGANISÉ PAR LA CONFÉRENCE NATIONALE DES ACADÉMIES DES SCIENCES LETTRES ET ARTS (2017)

 

 L’HÉRITAGE

 

Il ne paraît pas excessif d’avancer que le colloque organisé par la Conférence Nationale des Académies (CNA) qui eut lieu à Paris les 6 et 7 octobre 2017, a été une réussite. Comme pour l’édition de 2015, les travaux, qui se sont déroulés sur une journée et demie, se sont tenus dans le magnifique hôtel particulier abritant la fondation Simone et Cino del Duca, rue Alfred de Vigny, dans le huitième arrondissement.

Le nombre de présents au colloque s’est élevé à un peu plus de 150 personnes, des académiciens pour la plupart, ainsi que quelques accompagnants et invités. La majorité des académies était représentée, exactement 27 sur 32, ce qui donne une vraie légitimité à ce type de manifestation et en montre l’intérêt.

Le thème retenu cette année, à l’initiative de Michel Woronoff en concertation avec le bureau actuel de la CNA, présidé par Jean-Paul Meyrueis, successeur de Françoise L’Homer-Lebleu, était L’Héritage. Le lieu n’est pas ici de détailler ni même de résumer l’ensemble des travaux qui furent présentés au cours de ces trois demi-journées. La totalité des communications a été réunie dans un ouvrage d’« Actes » sous la direction de Michel Woronoff, livre dans lequel figurent également des contributions qui n’ont pu trouver leur place, faute de temps, au cours du colloque. Ce numéro spécial d’Akademos, publication dont Catherine Lecomte assure la rédaction en chef, a été distribué à chacun des participants et expédié, en nombreux exemplaires, aux diverses académies.

Au total, douze communications furent présentées, précédées d’une « ouverture » en trois temps pour des prises de paroles dues à Bernard Bourgeois, Président d’honneur de la Conférence, Président honoraire de l’Académie des Sciences morales et politiques, à propos de « L’héritage en philosophie » ; puis celle de Jean-Paul Meyrueis qui revint sur le concept d’héritage, mais pris dans sa totalité (« Héritages »), enfin celle de François d’Orcivalf, membre de l’Institut, Académie des Sciences morales et politiques pour un exposé ayant pour titre « La richesse des héritages ». Une synthèse finale fut proposée par Michel Woronoff, ancien président de la CNA, à partir de trois termes riches de sens « Les valeurs, les signes, les traces ».

Ce sont ces trois mots qui servirent d’axes de regroupement aux diverses communications de nos consœurs et confrères. En premier lieu « La source et les valeurs », avec les interventions de Michel Voisin (Montpellier), de Philippe Granarolo (Var), avant le déjeuner, puis de Marie-Odile Goudet (Mâcon), de Béatrice Bakhouche (Montpellier) de Jeanne-Marie Demarolle (ancien président de la CNA) et de Jacques-Marie de Latrollière (Angers). Après un bref « interlude », fut traitée la question des « Signes », avec les exposés de Gemma Durand (Montpellier), de Christian Froissart (Orléans) et de Bernard Reumaux (Alsace).  Le lendemain, samedi matin, furent proposées, sous le titre « Les traces », trois nouvelles communications dues à Bernard Cros (Var), à Véronique Richard-Brunet (Mâcon) et à Philippe Dazet-Brun (Jeux Floraux). Les communications étaient le plus souvent illustrées par des diaporamas qui pouvaient être suivis par tous grâce à une excellente installation vidéo, et de nombreuses et pertinentes questions furent posées aux orateurs afin de prolonger le débat.

Le colloque lui-même fut complété, le vendredi à 17 heures 30, de l’Assemblée générale de la Conférence Nationale des Académies, réunion dont le président Meyrueis rend compte par ailleurs. La même journée s’acheva par un dîner organisé dans les locaux du  Sénat au Palais du Luxembourg, où se retrouvèrent, dans les salons Napoléon et Pourpre  du restaurant des Sénateurs, une centaine de convives.

La succession des exposés qui composèrent ce colloque constitua une fête pour l’esprit. Les échanges cordiaux et souvent amicaux entre les membres des différentes académies furent l’occasion d’une fraternisation entre pairs. La pensée rencontra l’humain, dans une perspective conforme aux tacites objectifs académiques : partager la réflexion, réunir autour du savoir, transmettre et développer les valeurs humanistes. Une contribution indirecte à la construction d’un « héritage » culturel à léguer aux générations futures, en somme.

Et puisque le hasard voulut qu’au cours de ces journées, le nom de René Char fût prononcé à plusieurs reprises, cet aphorisme du poète de la Sorgue en guise de conclusion : « Nous n’appartenons à personne sinon au point d’or de cette lampe inconnue de nous, inaccessible à nous qui tient éveillés le courage et le silence.» (Feuillets d’Hypnos, 5,  Œuvres complètes, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, p. 176). 

Rendez-vous en Alsace, en octobre 2018, et à Paris un an plus tard.

 

                                                                                                    Yves Stalloni

                                                                       Secrétaire général de la CNA

 

 

 

 

 

 

 

 

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Façade de la Fondation del Duca donnant sur le parc Monceau

croquis de J.P. Dufoix

 

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Colloque "Le corps de l'homme" octobre 2015

 

 

 Le volume ci-dessus comportant de très nombreuses illustrations son poids informatique ne permet pas de le mettre en ligne directement. Nous allons tenter de le faire progressivement

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INSTITUT DE FRANCE
CONFÉRENCE NATIONALE
DES ACADÉMIES DES SCIENCES, LETTRES ET ARTS

 

LE CORPS DE L’HOMME


SOUS LA DIRECTION

DE M. MICHEL WORONOFF

AKADÉMOS

2015

 


SOMMAIRE

 

AVANT-PROPOS

Le corps de l’homme : corps humain et homme incorporé

Bernard BOURGEOIS
Membre de l’institut,
Président honoraire de l’académie des Sciences morales et politiques,
Président d’honneur de la conférence nationale des académies ......................................... 9

Les mots du corps

Françoise L’HOMER-LEBLEU

Président de la conférence Nationale des académies ...................................................... 13

INTRODUCTION

Vieillesse et longévité : les défis du vieillissement

André VACHERON
Membre de l’Institut,
Président honoraire de l’académie de Médecine.............................................................. 21

I.- LES IMAGES DU CORPS

Les représentations humaines dans l’art
du Paléolithique supérieur en Eurasie
Académie de Toulouse, Anne-Christine WELTÉ ............................................................. 29

La représentation du corps dans la sculpture monumentale
des XIIe et XIIIe siècles. Quelques exemples de la région messine
Académie de Metz, Marie-Antoinette KUHN-MUTTER ..................................................... 41

Le corps porteur d’images et de symboles dans la Peinture et
la sculpture chrétienne du Moyen Âge au XVIIe siècle occidental
Académie de Nîmes, Hélène DERONNE ........................................................................ 51

Le corps de l’Homme dans les dessins du Musée Atger
Académie de Montpellier, Thierry LAVABRE-BERTRAND
et Hélène LORBLANCHET .......................................................................................... 63

Homme blessé, corps mutilé :
un thème iconographique de la Grande Guerre
Académie de Rouen, Claire MAINGON .......................................................................... 75

Le corps et l’esprit dans la poésie et la peinture de William Blake
(1757-1827)
Académie de Bordeaux, Régis RITZ ............................................................................. 85

Le corps de la femme chez Alain-Fournier
Académie d’Orléans, Claude-Henry JOUBERT ................................................................. 97

Entre contrainte et libération : le corps féminin et la mode
Académie de Nîmes, Michèle PALLIER ......................................................................... 105

I.- LES DÉFIS DU CORPS

Le corps découvert : nu et dénudé

Académie du Var, Yves STALLONI .............................................................................. 115

Variations sur le thème de la peau :
du microscope aux aiguilles et au pinceau
Académie de Nîmes, Pascal GOUGET et Dominique PRAT ................................................125

Le Corps du musicien mis à rude épreuve
Académie de Metz, Gilbert ROSE ................................................................................ 135

Le corps et le devoir de verticalité
Académie de Metz, R.P. Yves LEDURE ......................................................................... 141

L’organisme humain : réification ou transfiguration ?
Académie de Caen, Monique DROUET .......................................................................... 151

La femme enceinte et son corps
Académie de Nîmes, Catherine MARES,
Micheline POUJOULAT et Pierre MARES ........................................................................ 161

Du fœtus humain imaginé à l’enfant en 3D
Académie de Bordeaux, Jacques BATTIN ...................................................................... 171

D’Hippocrate au XXIe siècle
Académie d’Orléans, François KERGALL ......................................................................... 177

Le malade hospitalisé vu par les écrivains
Académie de Nîmes, Richard BOUSIGES ........................................................................ 189

Entre les mains de la Médecine
Académie de Besançon, Henry FERREIRA-LOPEZ ............................................................ 201

III.- LE CORPS PROFOND

La représentation anatomique,
du néant au modèle informatique...
Académie d’Aix, Jean BONNOIT ................................................................................... 213

De l’aube anatomique à la nanochirurgie :
une fantastique aventure humaine
Académie de Montauban, Philippe BÉCADE .................................................................... 225

Le visage, une impossible anatomie
Académie d’Amiens, Bernard DEVAUCHELLE .................................................................. 235

Imagerie et thérapie du corps humain par ultrasons
Académie de Touraine, Léandre POURCELOT ................................................................ 249

Les trompes de Fallope.
Histoire de cette double voie vitale et de ses obstructions
Académie de Nîmes, Jean-Pierre ROUANET DE LAVIT ..................................................... 257

Le Rachis thoracolombaire de l’Homo sapiens,
aspects évolutifs et approche biomécanique
Académie de Clermont-Ferrand, Guy VANNEUVILLE et
Jacques CHABANNES ................................................................................................. 267

Aspects moléculaires et cellulaires :
données, espoirs, illusions, questionnements
Académie d’Orléans, Michel MONSIGNY ........................................................................ 277

Lipides et cerveau
Académie de Lyon, Michel LAGARDE ........................................................................... 289

Le corps humain : de l’histoire du cerveau aux robots, demain...
Académie de Marseille, François CLARAC ...................................................................... 295

Homme augmenté et renoncement à l’intégrité du corps humain
Académie de Montpellier, Jean-Pierre NOUGIER ............................................................ 305

SYNTHÈSE

Corps à corps
Michel WORONOFF .................................................................................................. 319


CONCLUSION

Le corps de la femme, une Académie
Monsieur Gabriel de BROGLIE, chancelier de l’Institut de France ...................................... 335

 

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 Allocution prononcée lors du colloque « Le corps de l’homme »

de la Conférence nationale des Académies de province

par M. Gabriel de Broglie,

Chancelier de l’Institut de France

Le samedi 10 octobre 2015

à la Fondation Simone et Cino Del Duca

 

 Ayant pris connaissance du programme de vos travaux, j’ai été impressionné par l’amplitude et la qualité des sujets de recherche et des communications. Chaque Académie a mis en valeur un thème ayant trait au corps de l’homme, de sa nature humaine, anatomique aux visions les plus anticipatrices de ce que notre enveloppe corporelle, augmentée artificiellement souvent, pourrait être dans les temps futurs, pas si éloignés d’ailleurs.

Le corps représenté sous le crayon de l’artiste, le corps blessé par les guerres, les maladies, la génétique, le corps dénudé ou vêtu, le corps et ses composantes organiques, rien n’a échappé à la réflexion préliminaire des Académies et à ces deux jours de réunion. Je sais que Michel Woronoff vient d’ailleurs d’accomplir l’exploit de vous en faire la synthèse.

J’avais préparé une intervention ayant pour thème « Le corps de la femme, une académie », texte que vous retrouverez dans les actes du colloque.

Il me semble cependant qu’au terme de vos échanges, leur richesse me conduise plutôt à ne pas lire la contribution prévue initialement, mais à laisser libre cours à mes réflexions métaphoriques. Et ce pourrait être sur le thème : le corps n’est pas seulement le corps.

En cet instant, en effet, devant vous tous réunis, je ne peux m’empêcher de penser que la Conférence des académies de province constitue en elle-même un corps. Et ne faut-il pas se placer dans une perspective plus large, où le corps de l’homme a longtemps été considéré comme un modèle des corps sociaux ?

La société elle-même est organisée comme un corps social. La société, mais aussi l’armée, la magistrature, la médecine, et jusqu’au sommet de l’État où l’on parle des grands corps de l’État.

Qu’est-ce qui caractérise ces corps ? Il s’agit d’un cas d’anthropomorphisme qui date du fond des âges classiques. Les Grecs ont découvert la grandeur du corps de l’homme et l’ont transposé dans l’organisation de la cité.

Que recouvrent ces corps sociaux ? Pour que la société tienne debout, il faut un cerveau, un cœur, un système d’information, et de transmission, des instruments, des outils, afin que tout l’ensemble fonctionne de façon harmonieuse. On se prête à rêver que les grands corps fonctionnent selon les mêmes principes que le corps humains.

L’anthropomorphisme déborde largement les champs des institutions pour s’étendre à des objets, des sensations, des idées. Ne dit-on pas qu’une pompe a un corps, qu’un vin a du corps, ne parle-t-on pas d’un corps de doctrine pour désigner un ensemble intellectuel complet, et bien organisé.

Ce n’est pas seulement un anthropomorphisme, c’est un modèle de construction sociale, politique et morale. La société a un certain nombre de règles fixes, mais aussi un souffle, un esprit, une imagination et un objectif qui lui sont supérieurs. Les corps seraient alors des constructions complexes, plus élevés qu’un simple composant matériel et qui ont d’autres finalités que leur seule existence physique.

Cette conception s’oppose à d’autres qui ont fleuri du second XIXe à la fin du premier XXe siècle, d’environ 1850 à 1950. Je pense à l’individualisme pur et dur qui n’existe pas dans le corps, ni dans les corps ; au scientisme ; à tous les déterminismes ; au communautarisme, déviance de la notion de corps qui ne tient pas compte des composants et de la finalité générale ; à la doctrine occidentale de la fin du XIXe siècle présentant comme un objectif prépondérant l’assimilation à des valeurs universelles de la seule catégorie des corps sociaux occidentaux et individualistes. Or le XXe siècle est plus compliqué que cela.

Toutes les évidences matérielles et sensorielles dont les corps font partie ont été ébranlées par les progrès de la science qui suppriment les distinctions réelles entre étendue et mouvement, entre ondes et corpuscules, entre matière et lumière, entre espace et temps.

Peut-être la grande leçon du très beau colloque qu’a organisé la Conférence nationale des Académies des sciences, lettres et arts est-elle que le corps n’est pas seulement le corps et que le corps social non plus. Comme l’écrivait Claudel, « ce n’est pas l’esprit qui est dans le corps, c’est l’esprit qui contient le corps et qui l’enveloppe tout entier » ou bien, cet aphorisme poétique mais aussi réaliste de Cocteau, bien de sa manière incisive et à laquelle, en vieillissant, on doit bien se rallier de plus en plus « le corps est un parasite de l’âme ».

 

Mis en ligne avec l'autorisation de Monsieur Gabriel de Broglie

chancelier de l'Institut de France

 

 

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Colloque d'Orléans - Octobre 2014

"Orléans, ville d'Histoire et d'Innovation"

 

Les actes de ce colloque peuvent être consultés  en version PDF sur ce site dans le volet Publications

du chapitre Académie d'Orléans dans l'onglet Les Académies

 

 

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Colloque  "L'esprit en progrès"  Octobre 2013

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