ACTIVITÉS DE L'ACADÉMIE DE STANISLAS

 

Une journée en hommage au Professeur Alain Larcan

Nancy, le 30 novembre 2013

Président de la CNA en 1996-1998 (voir La Lettre des Académies n° 30, p. 2-3) le Professeur Alain Larcan (1931-2012) nous a quittés le 10 mai 2012.

En collaboration avec l’Académie Nationale de Médecine et la Fondation Charles de Gaulle et avec le concours de la Société d’Histoire de la Lorraine et du Musée Lorrain, le bureau de l’Académie de Stanislas, présidé par le Professeur Jean-Pierre Husson, a rendu un hommage solennel à une grande figure de la compagnie. Il a pris la forme, le samedi 30 novembre 2013, dans le Grand salon de l’Hôtel de Ville de Nancy et en présence du Maire de Nancy  d’ « Une journée en hommage au Professeur Alain Larcan ». La journée, dont le programme détaillé se trouve sur le site de l’Académie de Stanislas, était articulée en trois sessions pour rendre au mieux l’activité foisonnante d’une si riche personnalité.

La première session avait pour thème «Alain Larcan, grand médecin pionnier de la Réanimation et passeur de savoirs », la seconde « Une passion jamais démentie pour l’homme du 18 juin, l’esprit gaullien, l’esprit de défense » et la troisième « Alain Larcan à l’Académie de Stanislas, au Musée Lorrain, un ambassadeur de la Lorraine ». Les interventions, en présence de la famille du disparu, furent toujours empreintes d’une grande émotion personnelle. Toutes émanaient, en effet, de témoins qui avaient connu Alain Larcan, partagé ses passions, participé à ses entreprises, les uns au Lycée Poincaré, beaucoup d’autres à la Faculté de médecine et à l’hôpital de Nancy, à la Fondation Charles de Gaulle, à l’Académie de Médecine qu’il présida en 1994, au Musée Lorrain, et, bien entendu à l’Académie de Stanislas où il était entré en 1966 et dont il fut président à deux reprises (en 1978 et 1996). Douze intervenants mirent ainsi en lumière l’action pionnière et déterminante d’Alain Larcan en matière de médecine d’urgence, son incommensurable force de travail, son insatiable appétit de savoir et de culture. Ils appelaient une respectueuse admiration pour le grand professeur de médecine attaché à sauver les vies humaines dans un contexte de catastrophe mais aussi pour l’exégète de la pensée gaullienne, pour l’historien au service et de l’histoire de sa discipline et de la Lorraine. L’auditoire fut particulièrement sensible à la courageuse et poignante intervention d’une des filles d’Alain Larcan, Catherine Rénosi-Larcan. Une « Incursion dans l’intime » révéla des aspects plus personnels d’Alain Larcan au milieu des siens, en sa maison d’Amance, face au Grand Couronné. Amateur d’art éclairé, Alain Larcan mit aussi au service de la culture et du patrimoine de la Lorraine son dévouement, sa perspicacité, sa puissance de travail. Il s’investit ainsi efficacement dans l’avenir du Musée Lorrain et de sa rénovation. Cette journée rappellera combien, porté par la quête de l’excellence, animé du sens du devoir et de l’intérêt général, le professeur Alain Larcan a donné le meilleur de lui-même à la recherche tant médicale qu’historique et à la Lorraine.


Professeur Jeanne-Marie Demarolle
Président honoraire de la CNA

 

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Une publication commune de l’Académie nationale de Metz et de l’Académie de Stanislas : De la Cité d’aujourd’hui à la Ville de demain

 

Qui dit mieux ? Trois mois après le colloque du 23 mars les deux académies lorraines de la CNA ont réuni leurs efforts pour en éditer les actes. Il en résulte un élégant fascicule de 96 pages, richement illustré. Très sensibles à la politique d’étroite et amicale collaboration entre les deux compagnies savantes, M. Dominique Gros, maire de Metz et M. Laurent Hénart, maire de Nancy, mettent en exergue dans leurs allocutions d’ouverture tout l’intérêt de ce thème prospectif éclairé par le travail rigoureux des sociétés savantes.

Au fil des pages cet éclairage affirme l’ancrage des deux compagnies dans la modernité mais aussi la pérennité de l’humanisme : la technologie, si innovante soit elle ne suffira pas à donner une âme à la Ville de demain.  

Jeanne-Marie Demarolle

Correspondant CNA de l’Académie nationale de Metz et de l’Académie de Stanislas

 

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25 juin 2019 : séance solennelle de clôture de l’année académique 2018-2019

 

Conformément à la tradition, la séance solennelle s’est tenue dans le grand salon de l’Hôtel de ville de Nancy. Après avoir salué et remercié les autorités présentes, le président Patrick Corbet a passé la parole à M. Jean-François-Muller, président de l’Académie nationale de Metz. Celui-ci a particulièrement souligné la qualité des collaborations entre les deux académies membres de la CNA en présentant le fascicule De la Cité d’aujourd’hui à la Ville de demain où sont rassemblées les contributions présentées au colloque organisé à Metz le 23 mars dernier. Ce colloque s’inscrit dans la lignée de ceux qu’organisent tous les deux ans en alternance à Metz et à Nancy les deux sociétés sur des thèmes d’actualité. L’édition des textes en trois mois est une parfaite illustration de la synergie efficace entre les deux compagnies.

Dans un rapport détaillé de des activités nombreuses et diversifiées de la compagnie (voir le site de l’Académie de Stanislas) Madame Francine Roze, secrétaire annuel, mit l’accent sur le rayonnement culturel de la société dans la vie régionale et sur l’implication des membres dans l’analyse des problèmes d’actualité. Vinrent ensuite les points forts de la séance, deux discours de réception, la remise d’un jeton d’or et la proclamation du bureau pour l’année 2019-2020.

Mme Marion Créhange, qui a participé à la création du Laboratoire lorrain de recherche en informatique et ses applications (LORIA) dans son discours intitulé « Instruire par l’apprentissage, des premiers homme à l’apprentissage des ordinateurs » s’attacha au mode de transformation de l’expérience en savoir, à l’intérêt patrimonial de l’apprentissage, fondamental dans la transmission des savoir-faire avant de conclure sur l’ordinateur. Outil certes incontournable de tout apprentissage il est désormais en mesure de devenir apprenti en automodifiant ses propres programmes. En réponse, le président Corbet salua la brillante carrière scientifique de Mme Créhange mais aussi ses implications dans l’association Emmanuel Héré et dans l’Association Lorraine de Musique de Chambre (ALMC).

M. Yves Gry, juriste spécialisé dans le droit de l’urbanisme, traita ensuite, à travers de nombreux exemples concrets de « L’excès des normes en urbanisme ». Le nombre de pages du Journal Officiel a pratiquement doublé en quarante ans, des formulaires de quatre pages à l’origine en comptent maintenant 17 ! Ces « excès » ne font que traduire la complexification de la société et la conception de la loi comme une thérapeutique. Dans un monde obsédé par le principe de précaution, le droit paralyse l’action et la créativité. Pour sa part le droit de l’urbanisme banalise l’évolution urbaine. M. Corbet rappelle dans sa réponse le parcours universitaire et académique de M. Gry en qui il voit non seulement un juriste mais aussi un véritable « penseur» du droit.

Le président Corbet remit ensuite un « jeton d’or » à M. François Le Tacon, éminent directeur de recherche émérite à l’INRA, spécialiste et expert reconnu de l’Ecole de Nancy. Ce « jeton d’or » témoigne de la reconnaissance de l’Académie de Stanislas : Président de l’Académie de Stanislas en 2006-2007, questeur de 2007à 2019, M. Le Tacon, s’est en effet dévoué avec une remarquable efficacité et une grande modestie pour la compagnie pendant de longues années.

M. Patrick Corbet remercie tous ceux qui l’ont aidé dans ses fonctions de président et clôture la séance après avoir proclamé la composition du bureau  pour l’année académique 2019-2020 : M. Jean-Marie Simon, président ; Mme Francine Roze, vice-présidente ; M. Jean-Claude Bonnefont, secrétaire perpétuel ; M. Philippe Bertaud, questeur ; M. Guy Vaucel, bibliothécaire-archiviste ; M. Denis Grandjean, secrétaire annuel. Après un médiéviste c’est un architecte qui prend les rênes de l’Académie de Stanislas.

 

Jeanne-Marie Demarolle

Correspondant CNA de l’Académie nationale de Metz et de l’Académie de Stanislas

 

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                Séance solennelle de l’Académie de Stanislas le 20 janvier 2020 : la nature dans la ville.



Chaque année en janvier la séance solennelle de l’académie de Stanislas est précédée, à l’invitation de la Ville d’une matinée de travail qui réunit autour du maire et de plusieurs élus les membres titulaires de la compagnie, Cette rencontre, occasion de fructueux échanges, avait cette année pour thème « La nature dans la ville ».
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Après les mots d’accueil d M. Jean-Marie Simon, président de l’Académie et de M.  Laurent Hénart, maire de Nancy, M. Simon introduisit le sujet en montrant que l’arbre, perçu certes de longue date pour ses qualités paysagères suscite désormais bien d’autres attentes et vient en concurrence avec l’habitat. Il prend de la place, requiert de la terre et de l’eau, biens si précieux pour le développement d’une cité. Il convient donc de lui réserver une part du patrimoine foncier qu’offrent des opportunités. Le développement des friches militaires et industrielles apporte de nouveaux espaces qui permettent des implantations plus ambitieuses que les alignements de rues auxquels l’arbre fut si longtemps cantonné. En 1913,  alors que l’annexion de l’Alsace-Moselle avait fait de Nancy une « vitrine de la France » se tint une grande exposition sur les plans d’urbanisme. Celui de Nancy garde la mémoire des préoccupations et de projets de l’époque en matière d’espaces verts.
M. Le Tacon aborda ensuite « Les effets de l’urbanisation sur le réchauffement climatique. La végétalisation urbaine, un moyen d’en atténuer les effets ». A l’aide de nombreux graphiques il présenta les îlots thermiques urbains et la part d’énergie d’origine anthropique dans ces îlots où le cycle de l’eau est rompu alors que les arbres évitent le ruissellement pendant les orages, permettent le stockage de l’eau dans le sol , minorent la réverbération, atténuent le bruit et le vent. En s’appuyant sur l’exemple allemand de Freiburg (écoquartier Vauban) et sur celui de Bordeaux il préconise une série d’aménagements susceptibles de limiter durablement la « surchauffe » qui frappe et frappera de plus en plus le cœur des cités et leurs places minérales si rien n’est fait
Les échanges invitèrent à l’optimisme : des habitants, et pas seulement les riverains concernés s’opposent régulièrement à des abattages d’arbres. Le service des parcs et des jardins est consulté pour donner des conseils de plantation et de végétalisation. Aussi est-il programmé de fournir du matériel (treillis) à tout propriétaire qui entreprendra la végétalisation de sa façade. En effet sur Nancy ont été recensées 100 façades d’immeubles publics et 260 d’immeubles privés « végétalisables ».

La communication de M. Husson  « Les couleurs de la ville“ est un plaidoyer pour une ville bigarrée où il faut laisser une place de plus en plus importante à la couleur. Celle-ci n’est certes pas absente du milieu urbain. La nature fournit le bleu aquatique et la verdure, le bâti le blanc plus ou moins éclatant et le jaune oolithique des calcaires, le grès rose, le gris bleuté de l’ardoise, le noir de la lave, le jaune et le rouge des briques, toute la gamme chromatique des tuiles vernissées etc…. N’oublions pas les couleurs conventionnelles,  croix verte des pharmacies, feux tricolores, boîtes à lettres jaunes, enseignes et panneaux publicitaires…Mais pour en finir avec les villes grises et  renouveler le paysage urbain, on doit envisager un important élargissement grâce à la végétalisation, au street art, à la colorisation des façades. Les couleurs servent  à définir l’identité de la ville  que ce soit à Toulouse la ville « rose », au Puy-en-Velay la ville « noire », à Nancy (ors de la place Stanislas, couleurs de l’Art nouveau), puisque, pour reprendre Kandinsky,  « ce sont des êtres vivants autonomes ». Elles peuvent marquer la diversité des lieux en harmonie, en opposition, en association sans oublier le rôle qu’elles jouent pour limiter la réverbération. A Nancy la couleur s’approprie de plus en plus les rues mais la Ville s’emploie aussi à lui faire investir les espaces intérieurs des crèches, des cours d’écoles, des halls d’accueil…

La séance publique de l’après-midi est traditionnellement réservée à la distribution des prix décernés par les commissions de la compagnie, tradition qui remonte au fondateur de l’Académie en 1750, Stanislas le Bienfaisant. La remise des prix fut précédée d’une intervention de madame Christiane Roederer présidente de la Conférence nationale des académies des Sciences, Lettres et Arts qui, assistée du secrétaire général M.  Jean Hurstel et du Vice président M.  Dulin avait honoré la manifestation de sa présence. Elle rappela les objectifs de la CNA qui regroupe, sous l’égide de l’Institut, 33 académies, pour faire rayonner l’esprit académique, en respectant l’autonomie de chaque société. Neuf prix ont été distribués pour récompenser le mérite, le dévouement de particuliers ou d’associations, l’excellence de talents scientifiques, artistiques, médicaux, littéraires. En outre deux bourses et deux renouvellements de bourses (mentions Beaux-arts et mention Conservatoire) ont été accordés. Après un remarquable intermède musical interprété à la flûte à bec et au cor d’harmonie par deux lauréats,. M. Simon intervint pour souligner l’originalité des prix de l’académie de Stanislas. Il mit en exergue leur pérennité depuis le XVIIIè siècle, le souci d’indépendance de la compagnie (les prix furent suspendus pendant la deuxième guerre mondiale), le souci de respecter la générosité et la mémoire des donateurs et des partenaires. Il invita en retour les lauréats à se faire les ambassadeurs de l’Académie de Stanislas. La conclusion de la journée revint à Madame Lucienne Redercher, Adjointe à la culture. Elle insista sur la diversité des attentes des citoyens face à une nature rêvée, imaginaire, nourricière, pourvoyeuse d’émotions et de loisirs, sur la nécessité pour relever le défi écologique de développer l’innovation en prenant appui sur les laboratoires de recherche, et de tirer parti de l’apport des compagnies savantes aux problématiques et aux réflexions des responsables sur le devenir de nos villes.

(Le texte des communications de Messieurs Simon, Le Tacon et Husson sont disponibles sur le site :
http : //www.academie-stanislas.org)

 Jeanne-Marie Demarolle
Correspondante d l’Académie de Stanislas et de l’Académie nationale de Metz.

 

 

 

 

 

Les lauréats

 

Intermède musical