ACTIVITÉS DE L'ACADÉMIE NATIONALE DE METZ SCIENCES ARTS ET LETTRES

 

 

 

Cinquante ans après la disparition de Jean Cocteau l’Académie nationale de Metz a consacré deux journées, les 20 et 21 avril 2013, à évoquer une personnalité fascinante. La diversité des domaines intellectuels et artistiques qu’il a abordés, mais aussi celle des créateurs qu’il a côtoyés et des courants de pensée qu’il a connus pendant plus d’un demi-siècle ont fait de Jean Cocteau un personnage hors du commun. Or, à Metz, pour l’Opéra-Théâtre, il brossa en 1962  les décors et dessina les costumes de Pelléas et Mélisande. Et, un an auparavant il s’était vu confier la conception des vitraux  de l’église Saint-Maximin. C’est donc tout naturellement que l’Académie de Metz, en partenariat avec la paroisse Saint-Maximin, a organisé cette évocation dans la belle église romane du quartier Outre Seille.

La manifestation a souhaité apporter un éclairage sur l’artiste, le poète, l’homme de théâtre et de cinéma mais aussi sur l’homme et les relations « professionnelles » et amicales vécues lors de la création et de la mise en œuvre des verrières. Aussi la romancière Dominique Marny, petite-nièce du poète, adolescente en 1963, a-t-elle ouvert les journées par une émouvante présentation biographique.

Vinrent ensuite des interventions axées sur les rapports de Jean Cocteau avec des auteurs lorrains, avec le cinéma et bien entendu sur la genèse des vitraux. Le projet suscita de violents débats à Metz. A l’époque, en 1961, on ne saurait l’oublier, l’Académie ne cacha  pas son opposition mais ces journées ont été l’occasion de faire amende honorable ! Rappelons que la commission des monuments historiques avait refusé le projet proposé par Cocteau pour une des fenêtres du transept nord de la cathédrale. C’est Chagall qui en fut chargé par la suite. En « compensation », André Malraux proposa à Cocteau de réaliser toutes les verrières de Saint-Maximin. L’artiste ne vit que celles du chœur, les autres furent exécutées d’après ses dessins mais achevées après sa mort.

A ce propos, place fut faite à l’architecte Jean Dedieu, collaborateur de Cocteau et au fils du maître verrier Louis Brière qui apportèrent des témoignages techniques, artistiques et plus encore humains sur le travail de Cocteau. Une passionnante visite dirigée par Marie-Antoinette Kuhn-Mutter, historienne d’art, membre de l’Académie, à qui est due l’organisation scientifique des journées, donna pleinement sens au choix des thèmes et à la luminance des bleus. Elle précéda l’inauguration par le Maire de Metz d’une place Jean Cocteau, tout près de l’église. L’après-midi du dimanche fut réservée aux textes et à la musique. La lecture poignante de Crucifixion fit en quelque sorte entrer Cocteau dans l’église tandis que la musique d’Erik Satie et de Darius Milhaud faisait revivre « l’inspirateur » du Groupe des Six.

Une brochure, toujours disponible à l’Académie de Metz, contenant les résumés des neuf communications et de nombreuses illustrations a été éditée pour la circonstance. Elle garde  la mémoire de ces journées qui ont permis d’aller plus avant dans la connaissance d’une grande figure du XXè siècle et de mieux apprécier les richesses artistiques contemporaines d’un remarquable édifice roman.

Jeanne-Marie Demarolle
Président honoraire de la CNA